Krasius

Selected Waffle Works

Label(s) : Section 27
Sortie : 19 mai 2014

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 A l’heure où Aphex Twin se fend, après 13 ans de silence radio, d’une resucée 90s hardcore et singulière comme un remake 3D de Robocop sur un Syro bateau comme pas permis et tout juste écoutable si vous êtes vraiment nostalgique et pas trop regardant, il était temps de vous toucher un mot de ce petit bijou d’IDM d’un beatmaker belge pour lequel Warp n’est pas encore tout à fait synonyme de recette coulée dans le formol. Il faut dire qu’au delà du clin d’œil évident du titre à ce qui restera comme la série de travaux la plus emblématique de l’onirisme aussi ludique que malaisant cultivé en éprouvette par Richard D. James à l’époque où ses textures et atmosphères semblaient vraiment venir d’ailleurs, Selected Waffle Works ne manque pas de citer Autechre, derniers avec Leila des grands explorateurs de la séminale écurie britannique, sur un Autirche dont la déformation orthographique illustre parfaitement la façon qu’a Théo Marin de faire siens les grooves martiens, beats fractionnées et autres rumbas amniotiques de ces temps bénis du label et de l’électro exigeante en général.
Car si les distos acides sont reines et les rythmiques caoutchouteuses à souhait sur ce premier opus du Bruxellois, Krasius loin de tomber dans le piège de l’hommage dépersonnalisé n’en développe pas moins un univers bien à lui, où l’abstraction sensorielle côtoie l’immersion cinématographique (cf. Mantis, Wafflelicker ou le final Vistik avec leurs épopées stellaires post-Tympanik Audio). Et à l’image des gaufres ovniesques envahissant la terre sur une pochette SF évoquant dans un noir et blanc contrasté le cinéma bis des 60s dont l’album, du haut des ses presque 70 minutes, retrouve la générosité d’artisan désintéressé, le Bruxellois ne se prend pas au sérieux plus que de raison et la dimension ténébreuse du disque et constamment contrebalancée – sans s’en trouver désamorcée – par un esprit récréatif qui n’enlève rien à la sincérité des émotions qu’il distille, à commencer par cette étrange mélancolie sous-jacente des nappes ambient.
 C’est cet équilibre précieux entre hédonisme, spleen et anxiété qui fait de Brainsius le digne héritier des échappées acides dystopiques d’Analord, de Porcine Bordelaise, Eliokan ou Untitled Pony  les rejetons des machines en mutation de Tri Repetae, et d’Ikki un bijou baroque et déréglé, imposant l’album sur la durée comme l’un des rares incontournables IDM de l’année.

 


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  • Je vais écouter ça, bien curieux de savoir ce que ça vaut. Je te trouve quand même bien cruel avec AFX, l’impact de la déception étant sans doute dû à l’attente démesurée qu’une nouvelle sortie de sa part pouvait augurer.

    • Rabbit :

      Tout fait sincèrement, même s’il s’était agi de l’album d’un artiste émergent je l’aurais trouvé sympa sans plus, et ne l’aurais plus jamais ressorti des tiroirs… je pense qu’au contraire on lui passe beaucoup de chose parce que c’est Aphex Twin.

  • Après écoute, j’ai pas accroché plus que ça. Je ne dirais pas que j’ai trouvé ça contenu mais je n’ai pas été dérouté comme je l’aurais pensé.

    • Rabbit :

      Pas déroutant, en cas pas pour moi non plus qui suis familier de ce genre d’IDM mais nettement plus aventureux dans ses atmosphères, ses rythmiques, ses compos que le nouvel AFX (dont je n’attendais rien en fait, mais impossible de terminer une seconde écoute tellement ça sonne bateau pour moi).

  • Chris :

    Eh bien ça me fait beaucoup penser à Aphex Twin & cie….