Pacifister

Lullabye For The New Birth

Label(s) : Death Treat Records
Sortie : 23 avril 2019

“Ceci n’est pas une défaillance de votre baladeur numérique, ne réglez pas vos écouteurs…”

Même si vous aimez le field recording pur et naturaliste à la façon de l’Anglais Chris Watson, ou plus “mis en scène” et retravaillé à l’instar des derniers opus de son compère suédois BJ Nilsen, il se pourrait que Lullabye For The New Birth ne soit pas fait pour vous. Pas assez “savant” ou dépaysant, trop brut de décoffrage aussi. Quand bien même le harsh noise serait votre pêché mignon, même topo. La velléité d’agression sonore n’y est pas tout à fait. Si vous aimez le drone, même rêche et sous-produit ? Mal barré là encore, ça manque d’harmonie, d’élévation, de transe. Alors à qui peut bien s’adresser cet avis ? Les admirateurs d’Editions Mego ? A coup sûr ce premier opus de Pacifister n’en aura pas la dimension arty et tête chercheuse, le pouvoir d’abstraction. Tant pis, on vous en parle quand même, sait-on jamais.

Pacifister, c’est la nouvelle incarnation de Dylan McConnell, talentueux revivaliste de l’underground à synthés des années 80 sous ses alias Adderall Canyonly et Oxykitten (qui cachent eux-mêmes de multiples pseudos), mais également aux manettes de l’excellent label à cassettes de Portland, Field Hymns, qu’on suit depuis bientôt 8 ans (exemple). Toutefois ici, plus de beats crayola, de hardware vintage, de distos décalées et autres soundtracks imaginaires de films de SF datés. Lullabye For The New Birth, c’est 92 minutes de bruit blanc, même pas violent ni rien, juste atmosphérique, faussement linéaire et constamment mutant, évoquant au choix une navette spatiale à l’allumage, un volcan crachouillant ses geysers de lave et de téphras, des éruptions solaires en train de carboniser la fusée en question qui se serait approchée de trop près, un feu de camp de la taille du Vatican, la terre qui crame sévère après l’explosion nucléaire de Terminator 2. Le matériau de base ? Une cassette de l’Ouragan Irma détruisant une caméra de surveillance météo et… bah voilà, c’est tout.

Le reste, c’est du triturage analogique de geek – machines, pédales, ce genre – à la croisée du harsh noise donc, du power electronics et de l’ambient abrasive, un peu dans l’esprit de l’album de PureH dont on parlait ici du côté d’IRM. Alors, foutage de gueule ? Tout dépendra de votre humeur et de votre bonne volonté à vous laisser happer – ou non – par ce maelstrom post-industriel paradoxalement organique, ces crépitements sans fins aux airs de cataclysme vécu de l’intérieur, au ralenti et avec des bouchons d’oreilles. Minimaliste dans ses fluctuations mais pas forcément dans ses éléments qui grouillent et bouillonnent comme un flot de magma en fusion, l’album s’avère bien immersif et passe tout seul quand on écrit des chroniques en même temps. Et puis si on était pas là pour vous parler de trucs que personne d’autre n’écoute, à quoi servirait-on, on vous le demande ? D’ailleurs, si vous adhérez au concept de l’Américain, n’hésitez pas à nous rejoindre parmi ses followers sur facebook, on se sent un peu seul, là, tout de suite.

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