Hosmoz

Fading Mechanisms

Label(s) : Bedroom Research
Sortie : 15 septembre 2014

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Aussi singulière et alambiquée soit l’IDM du Bruxellois Hosmoz, on est presque en terrain connu venant de l’écurie Bedroom Research qui a fait de ce genre de grooves extraterrestres aux beats anguleux de cerveau-machine schizophrène sa marque de fabrique.
Moins viscéral et décadent que Trollhead, moins minutieux et rêveur que Poborsk, moins épileptique que Qebrus, moins architectural et compact que C_C, Fading Mechanisms n’est pas pour autant un disque du « moins », encore moins un album de trop dans un genre saturé en sorties téléchargeables librement. Avec ses rouleaux compresseurs rythmiques géométriques et fractionnés, ses synthés acides malaisants et autres distorsions martiennes à contre-temps, le Belge marche certes dans les pas d’Autechre, avec en sus cette dimension sci-fi cinématographique qui caractérise pas mal d’héritiers des Anglais. Mais une petite voix finit par dissoner de cette radicalité sous influence et la pochette foisonnante de rouages oculaires donne le ton, avec son purgatoire rouge-sang et vert métallisé de BD pour adultes dont un cyber-humain aux trois-quarts putréfié tente de s’échapper : mettant à profit son talent pour un beatmaking aussi dense qu’aéré, Hosmoz trace d’une ligne claire les contours de ses épopées pulsées aux allures de survival en milieu post-industriel, préférant finalement nous guider d’une case, d’une scène à l’autre dans son découpage narratif au plutôt que de nous perdre dans un quelconque labyrinthe mental.
Pas étonnant qu’un des sommets du disque s’intitule Underground My Ass – que les cousins techno-indus Fausten alourdiront plus loin d’une pesanteur malsaine sur un remix aux rythmiques bizarrement décalées qui ne convainc qu’à moitié (quoique davantage que le Psarani sous acide de Daed, décalque convenu d’AFX, ou le Remajak downtempo de TRDLX singeant sans grande inspiration les échappées stellaires déstructurées d’AtA) – et l’ultime morceau de l’album, Game Over : jamais Fading Mechanisms ne perd de vue cette distance récréative qui tient violence et noirceur éloignées aussi sûrement et discrètement qu’un écran de télé ou qu’une lampe de chevet.

 


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  • Encore une énième découverte faite ici.
    J’adore la pochette, ce dessin coloré très B.D rétrofuturiste à la Druillet. On pense forcément à Autechre, en plus technoïde.
    A +